logoCollectif de Recherche International et de Débat sur la Guerre de 1914-1918

Bio-bibliographie: Cédric Marty

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Prisons et prisonniers militaires, par Valériane Milloz


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MARTY Cédric

Né le 14 décembre 1981, à Toulouse.
Professeur certifié d’histoire-géographie depuis 2005.
Docteur en histoire, Université de Toulouse II – Jean Jaurès.

Cursus :

  • 1999-2004 : études supérieures en histoire à l’université Toulouse II- Le Mirail [rebaptisée Jean Jaurès]
  • 2005 : professeur certifié d’histoire-géographie
  • 2006 : inscription en thèse sous la direction de M. Rémy Cazals.
  • 8 février 2014 : soutenance de thèse à l’université Jean Jaurès de Toulouse, devant un jury composé de M. Rémy CAZALS (Université Toulouse II – Le Mirail), M. Jean-François CHANET (Institut d’études politiques de Paris), M. Antoine PROST (Université Paris I – Panthéon Sorbonne), M. John HORNE (Trinity College Dublin) et M. Jean-Marc OLIVIER (Université Toulouse II – Le Mirail). Mention « Très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité ».
  • Depuis septembre 2013 : chargé de mission académique pour le centenaire de la Première Guerre mondiale (académie de Toulouse). Pour en savoir plus : ac-toulouse.fr/centenaire

 

Publications :
- Avec Fabrice Pappola, Drôle de guerre !? Catalogue des cartes postales dessinées éditées à Toulouse (1914-1918), Toulouse, Archives municipales de Toulouse, 2014.
En 2008, les Archives municipales avaient publié un premier ouvrage recensant l’ensemble des cartes postales photographiques réalisées et diffusées par des maisons toulousaines entre 1914 et 1919. Mais d’autres maisons d’édition ont privilégié le dessin, qui dominait encore dans la presse comme sur les murs de la ville. Si l’on ne peut préjuger de leur réception, les cartes postales offrent ainsi un point de départ éclairant pour découvrir les logiques et les contraintes de production des éditeurs et des artistes, et mettre à jour les liens étroits entre différentes publications, des supports publicitaires aux journaux illustrés.

- « A la baïonnette ! » Approche des imaginaires à l’épreuve de la guerre de 1914-1918, thèse de doctorat, université Toulouse II – Jean Jaurès, 2014, 584 p.
Par les sentiments qu’elle a suscités, les discours ou les images qu’elle a générés, la baïonnette offre à l’historien une entrée intéressante pour étudier les imaginaires à l’épreuve de la Première Guerre mondiale. Elle permet de s’interroger, par-delà la diversité des supports, sur les modèles dominants et leur remise en cause, avant et pendant la guerre. Pourquoi l’assaut et le combat « à la baïonnette », topoï de la représentation du combat avant 1914, tiennent une place prépondérante dans le discours de guerre qui se met en place dès les premières semaines ? Ancré dans des pratiques bien établies avant 1914, favorisé par le contexte spécifique des entrées en guerre, l’engouement pour la baïonnette se heurte cependant à la violence des affrontements qui ne lui laisse qu’une place très marginale. Les autorités militaires et les principaux producteurs de biens culturels se détournent au fil des mois des ressorts héroïques du début de la guerre pour amorcer, selon une chronologie propre à chaque acteur, un tournant discursif vers davantage de sobriété et de réalisme. Cette arme invite également à travailler sur la réception par les contemporains de cet imaginaire, avant et pendant la guerre. Si la plupart des mobilisés étaient imprégnés de représentations conventionnelles du combat avant 1914, la réalité des assauts se révèle nettement plus éprouvante. Le positionnement des combattants face à cet imaginaire est complexe, oscillant entre colère, résignation et appropriation plus ou moins consciente, plus ou moins affichée, d’une représentation de la guerre erronée, certes, mais incontestablement puissante.

- Participation à 500 témoins de la Grande Guerrede R. Cazals (dir.), Toulouse, Editions Midi-Pyrénéennes, 2013, 495 p.
80 ans après l’œuvre magistrale de Jean Norton Cru, la question du témoignage de la Grande Guerre a largement évolué. La publication par François Maspero des Carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, dont le tirage va atteindre en 2014 les cent mille exemplaires, a suscité une véritable floraison. Carnets personnels et correspondances ont été extraits des armoires familiales et publiés, faisant ainsi apparaître le témoignage d’hommes et de femmes qui n’étaient pas, pour la plupart, des professionnels de l’écriture. Les auteurs de ce livre ont eux-mêmes participé à ce phénomène éditorial et leurs analyses, dans le cadre des activités du CRID 14-18, ont permis de composer un dictionnaire présentant 500 témoins, soldats de toute arme et de tout grade, du 2e classe au général, civils et civiles, notamment celles qui ont tenu un journal en pays envahi (présentation de l’éditeur).

- « Le corps à corps au prisme des identités sociales » in Identités troublées. 1914-1918. Les appartenances sociales et nationales à l’épreuve de la guerre de F. Bouloc, R. Cazals et A. Loez (dir.), Toulouse, Privat, 2011, pp. 73-84
Depuis plusieurs années, le corps à corps est au cœur de vifs débats historiographiques. Contrairement aux violences à distance, ce type de combat constitue pour certains historiens un observatoire privilégié pour comprendre en profondeur les combattants. D’autres considèrent a contrario que prêter aux violences interpersonnelles un pouvoir de dévoilement des systèmes de représentation est abusif et rappellent, statistiques à l’appui, la rareté de ce type d’affrontement. Le corps à corps est ainsi revenu au cœur d’un questionnement qui avait déjà retenu, dès le conflit, l’attention des contemporains : quel rôle tenait donc ce type de combat dans la définition d’une identité combattante ?

- Avec Benoist Couliou, « Une mémoire de demain ? A propos de quelques représentations artistiques de la Grande Guerre » in La Grande Guerre aujourd'hui : Mémoire(s), Histoire(s) d'A. Lafon, D. Mastin et C. Piot (dir.), Actes du Colloque d’Agen-Nerac (14-15 novembre 2008), pp. 247-265.
Quatre-vingt dix ans après l'armistice, la forte présence de la Grande Guerre dans le paysage artistique – romans, films, bandes dessinées – est pour le moins frappante. Mais il est tout aussi frappant de constater à quel point certaines de ces créations entrent en résonance les unes avec les autres : des interrogations, des figures, des utilisations communes du temps et de l'espace courent d'un auteur à l'autre et d'un support à l'autre. Ces liens soulèvent un certain nombre de questions : jusqu'à quel point le présent – dans lequel sont pensées, réalisées et reçues de telles oeuvres – peut-il s'affranchir d'un événement passé pour lui imposer ses propres préoccupations ? Est-on condamné à une forme de hiatus perpétuel entre ce que les hommes ont vécu, et ce que leur histoire évoque, interpelle et bouscule chez ceux qui, par leurs créations, se posent en passeurs de mémoire ? Et de quelle mémoire parle-t-on ?

- « Un point de fuite dans le réel ? Les représentations de combats dans les journaux illustrés (1914-1918) », Matériaux pour l’histoire de notre temps, n° 91, juillet-septembre 2008, pp. 62-66.
Vecteur privilégié des images en 1914-1918, les journaux illustrés constituent une source précieuse pour aborder les représentations de combats. A travers trois hebdomadaires largement diffusés mais très différents par les publics visés et le type d’images publiées – le Supplément illustré du Petit Journal, L’Illustration et Le Miroir – nous pouvons noter la filiation forte entre les gravures publiées pendant le conflit et la peinture traditionnelle des batailles. Par ailleurs, une analyse de la photographie, support a priori plus assujetti au réel, permet de constater qu’en ce qui concerne les combats, l’imaginaire prend souvent le pas sur l’image. Loin d'une opposition entre photographies et illustrations, ces images, aussi différentes soient-elles, participent en effet d’une même difficulté des contemporains à représenter le réel et à s'affranchir d'un certain nombre de figures imposées. Si les événements poussent à une évolution vers des images de guerre plus proches de la réalité, reste longtemps présent, comme un point de fuite, un espace imaginaire dans lequel la décision, dans la bataille, appartient toujours aux individus.

- « Une prise de parole : soldats du Midi, 1914-1918 », Annales du Midi, tome 120, n° 262, avril-juin 2008, pp. 237-248.
La Grande Guerre a généré une vague de témoignages de combattants sans précédent. Ces sources, désormais incontournables, sont le plus souvent mobilisées par les historiens pour ce que les hommes disent. Or, il semble tout aussi essentiel de s'interroger sur le sens et les conditions de ces prises de parole. Le cas des soldats du Midi est particulièrement éclairant pour tenter de comprendre ce qui pèse sur leurs prises de parole, et ce que ces dernières révèlent des bouleversements de la guerre sur la structuration des échanges dans l'armée. Quelques pistes de réflexion peuvent ensuite être posées sur les fonctions de la parole, sur les plans individuel et collectif. Comme souvent, les pratiques et les apports d'autres champs du savoir sont précieux pour aider l'historien à avancer dans l'étude des témoignages, à s'attarder sur le dire pour mieux éclairer le dit.

- Avec Benoist Couliou, « La représentation de la charge à la baïonnette : entre affirmation nationale et affirmation de soi » in La Grande Guerre. Pratiques et expériences de R. Cazals, E. Picard et D. Rolland (dir.), Actes du colloque de Craonne – Soissons, Toulouse, Privat, 2005, pp. 149-158.
De toutes les images produites pendant la Grande Guerre, l'une des plus marquantes met en scène une irrésistible marée humaine déferlant sur des ennemis en déroute, blessés ou déjà morts : la charge à la baïonnette. De quelles logiques sa production relève-t-elle ? Comment expliquer qu'elle ait pu, malgré son éloignement manifeste des réalités du front, se maintenir tout au long du conflit ? Quelles réactions a-t-elle suscité chez les combattants ?
Au-delà de la simple exaltation patriotique, cette image témoigne de points de rencontre inattendus entre les postulats implicites qu'elle véhicule et ce que les soldats nous ont livré de leur expérience.

- « Lettres des nôtres sur le front : correspondance de poilus tarnais publiés dans le Journal du Tarn (1914-1917) », Revue du Tarn, n°196, hiver 2004, pp.729-737.
Entre 1914 et 1917 une rubrique intitulée « Lettres des nôtres sur le front » occupa régulièrement les colonnes du Journal du Tarn. On pouvait ainsi lire les dernières nouvelles du front rapportées par des enfants du « pays ». Mais cette démarche, courante dans la presse pendant la guerre pose plusieurs questions : quels objectifs le journal poursuivait-il en publiant ces lettres ? Ces dernières étaient-elles authentiques ? Comment étaient-elles choisies ? Quelles représentations de la guerre véhiculaient-elles ? Et quelles réactions soulevèrent-elles dans le lectorat du journal ? 

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