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Bio-bibliographie: Benoist Couliou

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Prisons et prisonniers militaires, par Valériane Milloz


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Né le 22 juin 1977

Professeur certifié d’histoire - géographie, collège la Catalanié, Brassac (81)

Doctorant à l’Université de Toulouse le Mirail.

Si, comme l’écrit Michel de Certeau, l’histoire est toujours incertaine, il en va sans doute de même lorsqu’elle s’individualise. Et s’il existe parfois des continuités dans un parcours, elles n’apparaissent souvent qu’en filigranes.

Un premier travail de recherches : Parcours algériens. La mémoire des appelés de la Guerre d’Algérie « au risque de la psychanalyse » (1999).

Mémoire de maîtrise réalisé sous la direction de Mme Djamila Amrane, et soutenu à l’Université de Toulouse le Mirail en 1999. La source principale de ce travail était les longs entretiens que m’avaient accordés cinq anciens appelés. Intégralement retranscrits, ils m’ont permis d’interroger les mots de la mémoire, la manière dont cette dernière se focalise sur des points propres à chaque témoin, mais aussi les usages – individuels et collectifs – de ces mémoires. Le recours à la psychanalyse permettait de présenter ce que Freud dit de la mémoire, et d’offrir un premier cadre théorique à une interrogation sur l’articulation individuel-collectif. Je découvrais l’intérêt de suivre des individus, de la manière la plus complète possible, tout au long de leur parcours en guerre ; parcours qui n’apparaît jamais comme coupé des expériences civiles qui l’ont précédé. Ainsi, dans les récits étudiés, de cette tendance à identifier comme ennemis des groupes ou personnages différents (les combattants algériens, mais aussi des officiers, les pieds-noirs, les intellectuels anti-colonialistes...). Ce visage multiple de l’ennemi que seul le croisement avec l’expérience du temps de paix permettait d’expliquer.

Depuis septembre 2000, enseignant dans le secondaire.

En marge du travail quotidien avec les élèves, j’ai pu participer durant deux années (2001-2003) à un groupe de recherche-formation à l’IUFM de Toulouse. Sur le thème Enseigner les repères spatiaux et temporels, il s’agissait de tenter de prendre la mesure de la perception du temps et de l’espace par les élèves, de poser les questions de leurs représentations, et de ce qui était susceptible de faire obstacle à leur appréhension... Contributions particulières sur le thème ce qui fait repère, tant au niveau de la chronologie que du langage cartographique. Cette ouverture de ma pratique enseignante sur la recherche et la formation devrait se poursuivre dans le cadre du Musée Jaurès de Castres, où un projet de service éducatif est en train de se mettre en place.

Entre temps, l’idée de donner une suite à ma maîtrise avait débouché en 2002, sur le choix de la Première Guerre mondiale comme période de travail, et de Rémy Cazals comme directeur de recherches.

Un mémoire de DEA, puis une thèse : La guerre sera courte. Histoire d’une représentation sociale (1871-1919) (2003)

Un travail consacré aux conditions de naissance et au destin d’une idée, semble-t-il, partagée par l’immense majorité des populations engagées dans cette guerre : « les combats seront de courte durée ». Quels discours se sont combinés pour former une telle certitude ? Quelle place pour un éventuel discours autre ? La fin de la bataille de la Marne marque-t-elle réellement le terme de cette croyance ? Ce travail préparatif a débouché, depuis décembre 2004, sur une thèse consacrée à l’histoire de l’idée de guerre courte, depuis la chute du Second Empire jusqu’à l’effondrement français de juin 1940 (puisque cette fois-ci, la guerre devait être longue, et ne le fut pas). Les sources de ce travail sont à la fois les écrits militaires (ouvrages publiés, analyse des différents plans de concentration, cours de l’Ecole de Guerre...), les témoignages d’hommes politiques ou de diplomates, la presse, des données économiques comme le cours des rentes (qui semble fluctuer nettement en fonction de la perception de la durée future des combats...), et bien sûr les nombreux témoignages de combattants, publiés ou inédits. Le but étant de faire une histoire aussi complète que possible, qui ne se contenterait pas d’être une simple analyse des représentations des contemporains, sans s’interroger en profondeur sur les conditions de leur apparition, et sur leurs répercussions dans le champ social.

Cet intérêt pour la question de la perception du temps et de la durée implique également un regard centré sur l’individu en guerre, ses conditions de vie, et l’évolution de sa position de sujet devant cet événement extraordinaire que constitue la guerre. A travers l’examen d’autres problématiques (comme celle de la place du silence, ou du rire dans la guerre), une telle attention pour l’histoire subjective des combattants pourrait tendre vers une histoire du sensible, de la perception, mais aussi des diverses formes de résistance aux terribles conditions inhérentes à la guerre moderne.

Depuis deux ans, ces premières réflexions ont débouché sur trois publications :

  • Avec Alexandre Lafon, L’Ecriture pour combat. Larrazet, un village, un journal, Patrimoine Midi-Pyrénées, n°1, octobre-décembre 2003, pp.56-57. Comment, dans un petit village du Tarn et Garonne, quatre notables se sont identifiés, par l’écriture, aux combattants. Ils ont laissé un témoignage impressionnant (près de 3200 pages), qui, entre les lignes, évoquent les tensions qui peuvent animer une communauté soumise aux privations et à la longueur de la guerre, lorsque le vernis de l’union sacrée se dissout.

  • 18 juillet 1918. L’Explosion de la poudrerie de Castres : le baptême du feu de la population castraise ? , Revue du Tarn, n°196, Hiver 2004, pp.711-720. Le jour même de la contre-offensive Mangin, un incendie provoque l’explosion de la grande poudrerie de Castres. Qui est responsable ? Comment réagissent les populations ? L’examen des sources nous montre, chez les civils, des réactions très proches de celles observables chez les combattants, notamment dans la relation à l’information et le développement de rumeurs.

  • Avec Cédric Marty, La représentation de la charge à la baïonnette, entre affirmation nationale et affirmation de soi, in Cazals Rémy, Picard Emmanuelle, et Rolland Denis (dir.), La Grande Guerre. Pratiques et expériences, Actes du colloque de Craonne – Soissons, Toulouse, Privat, 2005. Comment les soldats réagissaient-ils à la découverte d’une représentation stéréotypée de leur vécu ? Comment expliquer qu’une telle représentation ait pu se maintenir tout au long du conflit, malgré son éloignement des réalités du front ? Comment le concept psychanalytique de passage à l’acte peut-il éclairer ce que les témoins disent de ces charges ? Cette intervention s’efforce de lier entre elles ces questions, et présente les diverses positions prises par les combattants face à un discours dans lequel ils ne se reconnaissent pas.

A noter, enfin, un article publié dans Guerres Mondiales et Conflits contemporains, avril-juin 2007 :

  • Freud, la psychanalyse, et le tournant de 1914-1918 . L’inventeur de la psychanalyse est-il réellement l’archétype du savant qui, du fait de la guerre, bouleverse complètement sa doctrine et sa pratique ? Ou, au contraire, et sans nier l’importance de son vécu durant le conflit, faut-il lier la découverte de la pulsion de mort à des éléments externes à la guerre ? L’examen des textes publiés par Freud entre 1914 et 1923, ainsi que de sa correspondance, sont aussi l’occasion d’une présentation de ce que la psychanalyse est susceptible d’apporter à la connaissance du premier conflit mondial.

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