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Bio-bibliographie: Rémy Cazals

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Prisons et prisonniers militaires, par Valériane Milloz


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Né le 7 mars 1942 (ce qui explique la relative longueur de ce texte)

Professeur à l’université de Toulouse II Le Mirail

Trois moments importants à signaler dans cette bio-bibliographie : la publication des Carnets de Barthas (1978) ; la nomination à l’université (1994) ; les rencontres à Craonne (à partir de 2003). Ces moments seront marqués, après une évocation des origines.

Le signe * qui précède chaque titre n’est pas une étoile, encore moins deux étoiles.

A) Les débuts

1) Un mémoire de maîtrise

(on disait DES à l’époque, en 1963) sous la direction de Jacques Godechot, sur la façon dont La Dépêche de Toulouse avait présenté l’impérialisme britannique, depuis Fachoda jusqu’à l’Entente cordiale. Intéressant entre autres pour l’évolution, l’hostilité débridée en 1898 et pendant la guerre des Boers, puis apaisement. Le texte a longtemps dormi. Il a été réutilisé, revu et complété, pour un colloque sur Delcassé en 1998 :

* R. C., « La Dépêche de Toulouse et l’impérialisme britannique, de Fachoda à l’Entente cordiale », in Louis Claeys, Claudine Pailhès et Rémy Pech (dir.), Delcassé et l’Europe à la veille de la Grande Guerre, Foix, Archives départementales de l’Ariège, 2001, 416 p. [p. 213-230].

Une grande partie de la presse française s’était déchaînée contre les Anglais. Sa virulence ressemble à celle qu’elle allait manifester contre les Allemands pendant la Grande Guerre ; ses arguments anti-britanniques ressemblent à ceux de la presse allemande de 14-18 ; le futur héros allié Kitchener n’était en 1901, pour La Dépêche, qu’un « soudard aveugle et plutôt acéphale », « un boucher à l’indécrottable nullité ». Léon Werth écrivait à propos du peuple français (Clavel soldat, Paris, Viviane Hamy, 1993 [1 ère éd. 1919] p. 9, voir aussi p. 121 et 329) : « De dix ans en dix ans, on lui apprend à détester une nation prise en masse. »

2) Des années d’enseignement dans le Secondaire,

au cours desquelles les manuels utilisés disaient le déchaînement de violence et la brutalité du premier conflit mondial, la mobilisation des esprits, le traumatisme et le bouleversement, l’importance du diktat de 1919 et de la légende du coup de poignard dans le dos, le rôle des arditi dans les troupes fascistes et celui des corps francs dans la « brutalisation » de la vie politique allemande, même si l’expression de George Mosse n’était pas employée. On montrait les multiples motifs de cette « brutalisation du champ politique allemand » (chapitre 7 du fameux livre de Mosse). On savait encore que le NSDAP obtenait moins de 3 % des voix aux élections de 1928, avant la crise économique. En un mot : nos prédécesseurs historiens avaient déjà pas mal travaillé et montré la complexité des phénomènes historiques.

3) Une thèse de 3e cycle d’histoire

sur le mouvement ouvrier à Mazamet au début du 20 e siècle, soutenue en 1974. Le projet à long terme était de mener à bien une recherche parallèle à celle qui venait d’aboutir (Rolande Trempé) sur les mineurs de Carmaux : les ouvriers de Mazamet de 1848 à 1914. Habituellement, dans les sources, qui parle des ouvriers ? Réponse : les patrons, les journalistes (seulement quand il y a des grèves dures et spectaculaires), les policiers, les juges, le préfet. Or les sources orales, les registres syndicaux et les cartes postales de grèves permettaient d’écouter, de lire et de voir les ouvriers, avec toutes les précautions méthodologiques du métier d’historien. La thèse a été publiée :

* R. C., Avec les ouvriers de Mazamet (dans la grève et l’action quotidienne, 1909-1914), Paris, Maspero, collection du Centre d’Histoire du Syndicalisme, 1978, 350 p. [2 e éd. revue et augmentée, Carcassonne, CLEF 89, 1995].

A partir de ce travail, il pouvait être intéressant de remonter dans l’histoire économique et sociale de la région au 19 e siècle, ou bien de suivre dans la guerre de 1914 les hommes rencontrés dans leurs activités du temps de paix. Les études (livres et articles) sur l’histoire industrielle du Languedoc depuis le 18 e siècle, en cherchant les raisons du succès de quelques centres et de l’échec de certains autres pourtant très proches, n’ont pas à être citées ici.

Malgré des suggestions contraires reçues lors du colloque de 1998 à Montpellier sur la Grande Guerre (voir plus loin), une autre suite des premières recherches sur le mouvement ouvrier conduisait à se demander ce qu’avaient connu ces travailleurs en 1914 et après. Beaucoup d’entre eux allaient se retrouver sur le front et une partie figurer sur les monuments aux morts des communes du bassin industriel. D’autre part, une question proche de celle qui est évoquée plus haut se posait aussi : qui parle des simples soldats ? Réponse : les officiers, les journalistes (souvent depuis leur bureau parisien), les documents officiels. Mais, avec Jean Norton Cru, on dispose d’une analyse des écrits de combattants publiés avant 1929 et d’une bonne méthode critique. De plus, cet auteur avait annoncé que sortiraient un jour des armoires les carnets et les correspondances des Français ordinaires. La découverte des cahiers de Louis Barthas le confirmait. Sur cette filiation entre l’histoire des ouvriers et la publication des récits de combattants, voir le volume d’hommage à Rolande Trempé :

* R. C., « Paroles d’ouvriers, écrits de combattants », in Marie-Danielle Demélas (éd.), Militantisme et histoire, Toulouse, PUM, 2000, 328 p. [p. 261-274].

B) Le caporal Barthas

1) Les carnets de guerre d’un tonnelier caporal d’infanterie

* Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918, Paris, Maspero, collection « Actes et Mémoires du peuple », 1978, 556 p. (introduction par R. C.).

Depuis 1978, ce livre a été constamment réédité par François Maspero puis par La Découverte. Collection de poche en 1997, nouvelle couverture en 2003. Edition en néerlandais en 1998. L’ensemble des éditions atteint un tirage de 75 000 exemplaires, début 2005. Traduction en anglais en chantier. L’édition en format de poche contient une postface signée R. C. sur la réception du texte et sa « vie » après publication. Voir également :

* R. C., « La culture de Louis Barthas, tonnelier », inPratiques et cultures politiques dans la France contemporaine, Hommage à Raymond Huard, Montpellier, Université Paul Valéry, 1995, p. 425-435.

* R. C. « Les carnets de guerre de Louis Barthas », Les Cahiers de la Cinémathèque, Revue d’histoire du cinéma, n° 69, novembre 1998, p. 77-82.

Intéressantes présentations et utilisations du livre de Barthas dans une communication de Pierre Barral au colloque Traces de 14-18 (voir plus loin), dans le livre de Philippe Malrieu, La construction du sens dans les dires autobiographiques, Toulouse, Erès, 2003, p. 163-175. Antoine Prost et Jay Winter, dans Penser la Grande Guerre, Un essai d’historiographie (Paris, Seuil, collection Points, 2004, p. 133-134), donnent sa juste place au livre de Barthas.

2) « La mémoire de 14-18 en Languedoc »

est le nom d’une collection créée sur la lancée du succès des Carnets de Barthas, au sein de la FAOL (Fédération audoise des œuvres laïques). Il ne s’agissait pas de définir une mémoire particulière régionale, mais de recueillir et de faire connaître des témoignages inédits de combattants ordinaires d’un vaste territoire dont il n’était pas indispensable de respecter les limites géographiques (par exemple, témoignage d’Emile Bonneval dans Récits insolites). On pouvait aussi déborder du cadre chronologique : après lecture de Barthas, une personne signalait les écrits de Folcher sur la Deuxième Guerre mondiale et ils étaient publiés dans la même collection des éditions Maspero (Les carnets de guerre de Gustave Folcher, paysan languedocien, 1939-1945, Paris, Maspero, 1981, avec introduction par R. C., édition en format de poche en 2000, édition en anglais en 1996).

Sur la collection « La mémoire de 14-18 en Languedoc », voir :

* R. C., « Editer les carnets de combattants », in Sylvie Caucanas et R. C. (dir.), Traces de 14-18, Carcassonne, « Les Audois », 1997, 244 p. [p. 31-46].

* R. C., « Quelques pierres apportées au chantier », Annales du Midi, n° 232, « 1914-1918 », octobre-décembre 2000, p. 415-446.

Parmi les témoignages publiés dans cette collection, ceux de Fernand Tailhades et d’Antoine Bieisse ont été repris dans Ennemis fraternels (voir plus loin). On peut citer l’artilleur André Aribaud, les Récits insolites de Charlotte Moulis (domestique dans un château sur la frontière en Lorraine), Emile Bonneval (la captivité) et Etienne Loubet (la campagne de Sibérie), les dessins de Dantoine, les carnets de l’instituteur Georges Caubet présentés par Claude Rivals. Un travail avec les Archives de l’Aude donnait une pochette de documents sur La vie des Audois en 14-18. La collection « La Mémoire de 14-18 en Languedoc » était associée à la publication du journal tenu à l’arrière par l’épouse de Raymond Escholier, texte d’une grande sensibilité (Marie Escholier, Les saisons du vent, Journal Août 1914 – Mai 1915, Carcassonne, GARAE, 1986. La FAOL publiait deux pochettes de diapositives (14-18, propagandes et mentalités, et Emprunts de la défense nationale) et montait une exposition sur l’artisanat des tranchées. Trois livres collectifs ont été réalisés en liaison avec d’autres éditeurs :

* R. C., Claude Marquié et René Piniès, Années cruelles 1914-1918, Villelongue d’Aude, Atelier du Gué, 1983, 144 p. [recueil de témoignages, réédité en 1998].

* Albert Vidal et R. C., Le jeune homme qui voulait devenir écrivain, Toulouse, Privat, 1985, 256 p. [p. 165-184 pour la Grande Guerre ; voir aussi la nouvelle L’Allemande, écrite par Vidal vers 1900, p. 93-103].

* R. C., « Lettres du temps de guerre », in Philippe Delvit (dir.), La chanson des blés durs, Brusson Jeune 1872-1972, Toulouse, CAUE de la Haute-Garonne et Loubatières, 1993, 224 p. [p. 69-128, correspondance du fils Brusson mobilisé, des membres de sa famille, d’ouvriers de l’entreprise].

3) Un déclic pour la recherche de témoignages,

c’est aussi un des aspects de la publication des Carnets de Barthas, favorisé par les nombreux extraits retenus pour illustrer les manuels. Un peu partout en France on s’est mis à chercher de son côté, à utiliser en classe des inédits. Certains ont été publiés ; d’autres ont été réédités.

C) A l’université de Toulouse Le Mirail (UTM)

1) Cours et travaux d’étudiants

Depuis 1994, cours de licence sur « Guerre et société, 19 e-20 e s. ». Participation aux cours de CAPES-AGREG en 1997-98 sur « Industrialisation et société… » (« 1914-1918, une guerre industrielle »), et en 1999-2001 sur « La démocratie… » :

* R. C., « Grande Guerre, démocratie et tendances totalitaires », in Patrick Cabanel et Jean-Marc Février (dir.), Questions de démocratie, Toulouse, PUM, 2000, 458 p. [p. 137-153].

En 2003-2005, sur « Les sociétés, la guerre et la paix… ». En 2005, sur « Les campagnes dans l’évolution sociale et politique de l’Europe… » (en fin de période, le poids de la guerre de 14-18 est très lourd).

Séminaire de recherche sur 14-18, nombreux mémoires de maîtrise (certains sont évoqués dans l’article des Annales du Midi cité plus haut ; trois ont été publiés : Sandrine Laspalles, Nicole Dabernat, Sylvie Decobert). A partir de sa maîtrise, François Bouloc a donné un article aux Annales du Midi. Autres articles d’étudiants de l’UTM dans la Revue du Tarn (n° 188, hiver 2002, et n° 196, hiver 2004), dans Patrimoine Midi-Pyrénées (n° 1, octobre 2003). Actuellement, 5 doctorants travaillent sur 14-18 : François Bouloc, Benoît Couliou, Alexandre Lafon, Marie Llosa, Fabrice Pappola (voir ces noms sur le site).

2) Colloques et autres travaux collectifs

Ouverte en 1994, la série des colloques internationaux organisés à Carcassonne par l’Association « Les Audois », issue de la FAOL, avec les Archives de l’Aude et l’UTM, se poursuit régulièrement (colloque en année paire, publication dès l’année suivante, collaboration avec les éditions Privat à partir de 2001). Plusieurs concernent totalement ou partiellement la guerre de 14-18 :

* Sylvie Caucanas et R. C. (dir.), Traces de 14-18, Carcassonne, « Les Audois », 1997, 244 p.

* R. C. « Plutarque a-t-il menti ? », in Sylvie Caucanas, R. C. et Pascal Payen (dir.), Retrouver, imaginer, utiliser l’Antiquité, Toulouse, Privat, 2001, 272 p. [la polémique à partir des ouvrages de Jean de Pierrefeu sur la Grande Guerre, p. 141-146].

* Sylvie Caucanas, R. C. et Pascal Payen (dir.), Les prisonniers de guerre dans l’histoire, Contacts entre peuples et cultures, Toulouse, Privat, 2003, 322 p. [six communications sur 14-18, conclusions par Pascal Payen et R. C.].

Le prochain colloque international de Carcassonne portera en avril 2006 sur « Paroles de paix en temps de guerre ». Huit communications sur 14-18 sont annoncées. Les Actes seront publiés chez Privat dans la même collection qui a également accueilli le colloque tenu en 2004 à Soissons et Craonne (ci-dessous).

Le colloque de 1998 à Montpellier a été l’occasion de donner une étude comparative de deux fantassins, un Français et un Allemand, de vivre un affrontement direct avec certains « historiens de Péronne » et de constater une convergence avec les travaux de Frédéric Rousseau :

* R. C., « Deux fantassins de la Grande Guerre : Louis Barthas et Dominik Richert », in Jules Maurin et Jean-Charles Jauffret (dir.), La Grande Guerre 1914-1918, 80 ans d’historiographie et de représentations, Montpellier, ESID, 2002, 412 p. [p. 339-364]. La parution de ce livre ayant subi un fort retard, la communication a été mise en ligne sur le site de l’UTM : http://www.univ-tlse2.fr/histoire/mirehc. Cette version présente l’avantage de donner un texte correct. Sur le même site, on trouvera la communication de Snezhana Dimitrova au même colloque de Montpellier.

* R. C. et Frédéric Rousseau, 14-18, le cri d’une génération, Toulouse, Privat, 2001, 160 p. [une réflexion sur les écrits de combattants et les rapports entre historiens et témoins].

* R. C., « Culture de guerre, culture de paix. Retour sur les témoignages de combattants », Histoire, défense et sociétés, 2004-1, « Guerre, paix et sociétés. Pour une histoire totale », p. 59-74. Il s’agit de la revue de l’ESID. L’article présente cinq témoignages, deux publiés et trois inédits. La notion « culture de paix » n’est pas plus satisfaisante que « culture de guerre », elle n’est là que pour le contraste.

Autres travaux collectifs :

* Préface de R. C. à l’ouvrage édité par Jean-Pierre Bernard et al., « Je suis mouton comme les autres ». Lettres, carnets et mémoires de poilus drômois et de leurs familles, Valence, Editions Peuple Libre et Notre Temps, 2002, 504 p. [p. 7-10]. On y voit bien la variété des expériences personnelles.

* Eckart Birnstiel et R. C. (éd.), Ennemis fraternels 1914-1915, Hans Rodewald, Antoine Bieisse, Fernand Tailhades, Carnets de guerre et de captivité, Toulouse, PUM, 2002, 191 p. Un Allemand prisonnier en France ; deux Français prisonniers en Allemagne.

* Marthe, Joseph, Lucien, Marcel Papillon, « Si je reviens comme je l’espère ». Lettres du Front et de l’Arrière, 1914-1918, recueillies par Madeleine et Antoine Bosshard, postface et notes de R. C. et Nicolas Offenstadt, Paris, Grasset, 2003 [édition en collection de poche « Tempus », Paris, Perrin, 2005].

3) La « légitimité » universitaire donne-t-elle le droit de participer au « débat » ?

* R. C., « 1914-1918 : oser penser, oser écrire », Genèses, Sciences sociales et histoire, n° 46, mars 2002, p. 26-43.

En fait, l’article « Oser penser, oser écrire », prêt en décembre 2000, était destiné aux enseignants des lycées et des collèges. Il critiquait fortement la pensée dominante sur 14-18 (le consentement, la croisade…), prenait la défense de Jean Norton Cru, et encourageait la recherche de témoignages venant « d’en bas ». Sa parution dans la revue Historiens et Géographes de juillet-août 2001 était annoncée après avis du comité de lecture par une lettre du rédacteur en chef du 17 mai 2001, puis la lettre du 26 juin du même rédacteur en chef essayait d’expliquer pourquoi le texte ne serait finalement pas publié (les deux lettres sont, bien entendu, soigneusement archivées). Finalement, la rapidité de réaction du comité de rédaction de la revue Genèses permettait de publier le texte dans un délai raisonnable. De nombreux encouragements sont parvenus d’horizons très divers, ébauche de la constitution de notre Collectif de recherche et de discussion. Le Mouvement social, à son tour, entendait participer au débat. Il donnait la parole à Antoine Prost, Mario Isnenghi, R. C. et Antonio Gibelli et un droit de réponse à St. Audoin-Rouzeau et A. Becker, qui n’ont pas donné suite. Un petit livre de la collection « Les mots de » aux Presses universitaires du Mirail permettait de revenir sur des définitions complexes (bourrage de crâne et censure, consentement et contrainte, patriotisme, pacifismes, etc.) et de se livrer en outre à un passionnant exercice de synthèse.

* R. C., « 1914-1918 : chercher encore », Le Mouvement social, n° 199, avril-juin 2002, p. 107-113.

* R. C., Les mots de 14-18, Toulouse, PUM, 2003, 128 p.

D) Craonne

1) Le terrain, les rencontres

Il faudra sans doute développer ailleurs tout ce que le Collectif doit à la convivialité qui s’est instaurée à partir de 2003 à Craonne autour de Noël Genteur (il ne faut pas hésiter à parler du « Convivial de la Grande Guerre de Craonne ») : journées du livre, colloque, représentation de la pièce de théâtre tirée des Mémoires d’un rat, découverte du plateau (sous la pluie), des réseaux de tranchées (par une froide nuit de novembre), exploration des creutes. Il en est résulté, entre autres choses, un livre collectif important :

* Nicolas Offenstadt (dir.), Le Chemin des Dames. De l’événement à la mémoire, Paris, Stock, 2004, 494 p. [de R. C. : « Tranchées et boyaux », p. 94-103 ; « Témoignage : un simple soldat sur le Chemin des Dames », p. 152-175 ; « Soldats russes en France, entre guerre et révolution », p. 217-225].

2) Le colloque international de Craonne et Soissons

a rassemblé en novembre 2004 trente-neuf communicants, quatre rapporteurs et quatre discutants. Au total, cinq cents personnes ont assisté au moins à une partie des séances. C’est aussi un des rôles du Collectif : sortir du cadre de l’université et aller vers le public, par le biais d’associations, ici la Fédération des sociétés d’histoire et d’archéologie de l’Aisne. Le colloque a été marqué par un grand souci du débat. Les Actes sont disponibles depuis septembre 2005 :

*R. C., Emmanuelle Picard et Denis Rolland (dir.), La Grande Guerre, pratiques et expériences, Toulouse, Privat, 2005, 412 p.

3) Réalisations récentes et projets

- Le premier projet est la constitution du Collectif. Il est important de rassembler les isolés, chercheurs indépendants qui ne se reconnaissent pas dans la « pensée unique », qui veulent se rencontrer et débattre. Cet objectif est en voie de réalisation comme le montrent l’existence de ce site et son contenu.

- Une collection de témoignages pour l’histoire aux éditions Privat. Plusieurs volumes sur 14-18 sont à l’étude.

- A l’automne 2005, une série d’opérations sont réalisées autour du thème des trêves et fraternisations : film de fiction de Christian Carion (Joyeux Noël) ; documentaire de Michaël Gaumnitz ; livre d’historiens anglais, français et allemand aux éditions Perrin :

* Marc Ferro, Malcolm Brown, R. C. et Olaf Müller, Frères de tranchées, Paris, Perrin, 2005, 272 p.

Le cinéaste Christian Carion a pris l’initiative de la construction d’un monument aux fraternisations à Neuville-Saint-Vaast, à l’endroit même où le caporal Barthas l’appelait de ses vœux en décembre 1915 :

« Qui sait ! peut-être un jour sur ce coin de l’Artois on élèvera un monument pour commémorer cet élan de fraternité entre des hommes qui avaient l’horreur de la guerre et qu’on obligeait à s’entretuer malgré leur volonté. » [Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, p. 216]

Annexes :

En complément, il n’est pas inutile de signaler l’existence du Centre national et musée Jean Jaurès à Castres, ouvert en 1988 grâce à la participation d’historiens, notamment Madeleine Rebérioux, Rolande Trempé, Rémy Pech, R. C. Plusieurs colloques y ont eu lieu, parmi lesquels :

* Alain Boscus et R. C. (dir.), Sur les pas de Jaurès, la France de 1900, Toulouse, Privat, 2004, 268 p.

Et d’évoquer le trésor des archives de Jules et Marie-Louise Puech :

* R. C., Lettres de réfugiées. Le réseau de Borieblanque. Des étrangères dans la France de Vichy, Paris, Tallandier, 2004, 472 p. L’action de Marie-Louise Puech pendant la Deuxième Guerre mondiale avait été comme préparée au cours de la Première : voir l’article de Magalie Amiel, d’après son mémoire de maîtrise, dans la Revue du Tarn, n° 188, hiver 2002, « Paroles de poilus : lettres de Tarnais à Marie-Louise Puech pendant la Grande Guerre ». La correspondance entre Marie-Louise et son mari, pacifiste, animateur de La Paix par le Droit, engagé volontaire en 1915, est en cours d’étude. Deux cartons pleins de livres (notamment 153 petits volumes de la collection « Pages d’histoire » de Berger-Levrault), de revues et de coupures de presse, venant du fonds Puech, ont été donnés au Centre de Documentation de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne. En 1996.

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